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"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil"  

René Char

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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 09:16

Stimulant "L'Agence", film de G. Nolfi avec l'excellent Matt Damon et la quelconque  Emily Blunt. En y allant, je me disais que j'allais voir un énième film d'action genre "mémoire dans la peau "V "le retour". La bande annonce m'a convaincu, ignorant que le récit était tiré d'un roman de Philip K.Dick. Et bien, vous savez quoi ? j'ai passé un bon moment. Certes, il y a un peu de ressucé de Matrix tendance Inception, patiné de bureaucratie anachronique Brazilienne, mais pour un samedi soir sans bon vin, fallait pas trop demander. Pour le résumé, vous taperez "le film l'Agence".

 

Ce qui m'a particulièrement intéressé concerne bien sûr le thème de la prédestination, thème fondateur des protestants calvinistes. Nos vies sont-elles le résultat d'interactions aléatoires, celles de déterminismes sociaux et culturels et/ou d'un plan déjà écrit par une force, une puissance ...un Grand Architecte de l'Univers? Cela renvoie à des questions profondes qui influent sur nos spiritualités, nos engagements. Pris dans ces réflexions matutinales, je tombe le lendemain matin, sur le générique  de "sagesses bouddhistes" où un moine, ressemblant tant à des milliers d'autres tibétains, explique qu'il a été choisi quand il était enfant comme la réincarnation d'un autre "super moine" ayant vécu quelques centaines d'années avant lui. Entre un parlementaire blasé qui découvre les mécaniciens du Grand Architecte et la réincarnation adolescente d'une divinité bouddhiste, me voilà criblé de considérations spirituelles complexes. Allez, je reprends du café...

 

Le personnage principal est un jeune politicien rompu aux techniques de marketing politique qui découvre l'échec en même temps que l'amour. Il est l'élu ! Fastoche mais efficace. Il va faire ses discours comme s'il allait à la Firme... et il rencontre ceux qu'il n'aurait jamais dû voir : les vrais boss, les réels patrons de la super multinationale, l'unique...où "le Grand Patron" règne sur les destinées des milliards de fourmis que nous sommes. Au passage, je me dis que ce sont des films qui doivent renforcer les paranoiaques de tous poils qui pensent que les présidents des Etats-Unis, de la République Française...sont des grands initiés ayant accès à des secrets que le commun des mortels ne soupçonnent même pas !  Il y a sans doute un peu de Max Weber dans ce film. La prédestination pousse les croyants à vérifier s'ils sont élus en s'investissant dans les affaires, et donc dans la politique, dans la réussite desquels ils peuvent y voir un signe de leur destinée.

 

Au fait, j'ai été vraiment bluffé par les tablettes tactiles utilisés par ces managers : un objet hybride mixt d'un carnet Moleskine grand format greffé à l' Ipad. Je me voyais déjà avec ça au boulot la semaine prochaine !! Je vais aller voir si Apple ou HP n'ont pas co-financé le film, dans le but de créer un peu le besoin d'un truc sur le marché dans quelques mois. Au fait, mais qui a choisi cette p...d'affiche ? Nullissime. Et le titre ? alors que celui en anglais est beaucoup plus parlant : the adjustment bureau.

 

Donc, on est quand même dans cette idée qu'il y a un Big Boss qui régente nos vies car nous ne sommes pas capables en tant qu'humains de nous prendre en mains. Et la question est posée à un politicien, sensé représenter l'investissement pour l'intérêt général, le bien commun et les citoyens. Entre prédestination, gestion par d'autres de ses désirs, de ses choix, rencontres et liberté individuelle, la construction de son propre point de vue s'avère illusoire. Pour quelqu'un qui s'investit depuis plus de 20 ans dans l'éducation à la citoyenneté, il y a de quoi douter... Ben, c'est un peu comme Matt qui va le matin à la chambre des représentants, il va simplement au boulot. Pas plus ? Allez, je reprends mon 12ème café...

 

Le réel intérêt de ce film réside dans les questionnements qu'il suscite. Mais, il reste superficiel tant dans le fond que dans la forme. On sent le réalisateur hésiter. Entre le film à thèse, et le film d'action, entre le mélo et la philo. Oui, il y a quelques facilités (c'est le jeune black donc différent des blancs qui permet au couple de s'émanciper et de choisir réellement sa voie ..yes we can !), quelques rapidités, quelques sirupeuses considérations.  C'est le problème des biens culturels, on se donne l'agréable impression de réfléchir en consommant. Je m'en vais chercher la nouvelle de K Dick dont est tiré le film.


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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 22:52

A la pointe nord de la Corse, à Santa Maria une tour gênoise comme sentinelle et Amélie en randonneuse.

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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 09:25
Lu il y a quelques minutes en fin de bouquin de James Ellroy : "ton alternative est de faire tout ce qu'il faut ou ne rien faire du tout"... Cette affirmation me taraude.

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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 11:27

Le visionnement avec Amélie et Romane du film "le petit Nicolas" m'a permis de ressortir de ma bibli les œuvres complètes qui m'ont été offertes il y a quelques années. Je les relis avec mes filles avec plaisir, et avec une certaine gaité. Le film est assez plat mais recèle quelques scènes désopilantes. Mais les histoires de Goscinny lues avec les filles à haute voix (un paragraphe chacun) ça c'est magique. Les dessins de Sempé, mettant en scène ce petit bonhomme, seul au milieu de sa page blanche comme pour le préparer à la solitude de la vie adulte. Je dois avouer que ce Petit Nicolas m'a permis de prendre confiance en moi quand j'étais enfant. Enfin, un enfant connu qui portait le même prénom que moi. C'est assez différent aujourd'hui ! Les histoires d'un enfant issu de classes moyennes qui vivotent dans les aises des 30 glorieuses...pas de politique, pas de drames, plat et sans aspérités comme la rédaction d'un enfant de CM1. Juste un peu mélancolique, suffisamment pour tirer une petite larme quand le père embrasse le PN !! Ah ! les embrassades de son papa...si mes filles savaient combien elles manquent au petit Nicolas.

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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 20:01

Voici une photo prise en lisant le Figaro ce matin aux aurores. Je sais, je sais j'ai de saines lectures. Photo splendide mais je ne sais pourquoi je l'ai associée immédiatement à un cliché de déporté. La maigreur du personnage, son regard vide et sans expression, des vêtements qui semblent élimés, frippés et trop grands, vieillis par la couleur sépia. Cela rend cette publicité particulièrement destabilisante pour moi. Que veut nous vendre la marque internationale archétype du clinquant, du mauvais goût érigé en esthétisme bling-bling ? La crise est là et la tristesse aussi ? La recession a enfermé le luxe dans une fausse retenue qui confine au rigorisme des formes ? Si faire du nouveau avec des vieilles idées est l'un des principes de la mode, nous sommes ici dans le recyclage perpétuel. J'ai l'impression que le photographe est un kapo et que ce très jeune homme va entrer dans un camp de concentration. Le lecteur c'est moi ...je suis donc symboliquement, devant cette pub, un peu kapo...mais de quel univers concentrationnaire ? Bizarre.


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 Ecrire pour réfléchir, noter pour ne pas oublier qu'il faut "défataliser le monde" pour mieux le vivre sans doute. La compréhension du monde social n'est qu'une approche, une tentative nécessaire pour certains, vitale pour d'autres. S'essayer délibérement et avec persévérence à la compréhension pour saisir une chance de pointer l'utopie.

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